La mobilité à Bourg-en-Bresse

Bourg-en-Bresse a obtenu la meilleure note, pour les villes moyennes, au dernier baromètre des villes cyclables (je l’avais à ce titre intégrée au tableau des notes de nos villes dans cet article d’octobre dernier). Elle a aussi mis en place du covoiturage. L’été est la saison des voyages d’études. Cette ville en valait bien un.

Un peu de géographie

Bourg-en-Bresse a 42 000 habitants, ce qui est très comparable à Martigues (48 000) ou Istres (45 000), mais c’est une ville au centre d’une agglomération d’environ 62 000 habitants (le Grand Bourg, qui est la base de la réflexion sur la mobilité). Elle est donc quand même un peu plus grande que nos deux villes les plus importantes. Le relief est assez doux, comparable à Istres ou Martigues (à part la grosse colline de N-D des Marins et du lycée Lurçat).

Elle est aussi plus isolé que nos villes qui forment un archipel dense. Les grandes villes les plus proches sont Mâcon (35 km), Lyon (60 km), Lons-le-Saunier (60 km) et Genêve (100 km). Elle ne fait pas partie d’une métropole, ce qui lui laisse plus d’autonomie et de souplesse que celle que nous avons depuis l’instauration de la métropole AMP.

Le vélo… et la marche !

Je n’ai pas découvert de chose si surprenantes. Mais Bour-en-Bresse a fait les efforts « classiques » que nous suggérons à nos élus :

  • un hyper-centre très favorable aux piétons et aux vélos (avec priorité aux piétons) ;
  • de nombreux plans avec indication de ce qu’un piéton peut atteindre en marchant 10 min à partir de ce point ;
  • une généralisation des double-sens cyclables ;
  • une grosse fréquence des panneaux M12 (petit panneau céder le passage) aux feux de croisement ;
  • un service de vélo en libre-service (très dense !) ;
  • de nombreux arceaux à vélos dans le centre ;
  • une bonne offre de box sécurisés (très simples) pour les habitants du centre qui ne peuvent pas garer leur vélo chez eux ;
  • de bonnes pistes pistes cyclables, sur la chaussée mais bien séparées des voitures, quand il y en avait la place (et parfois replacée sur la chaussée, après avoir été au départ placée sur le trottoir) ;
  • des bandes cyclables sur le seul sens de la montée pour les rues en pente et contraintes en largeur.
exemple de plan avec la zone accessible en 10 min à pied
Box à vélo pour riverains, juste derrière la cathédrale
Un bon exemple d’amélioration de piste : une première piste était située sur le trottoir (et devait se terminer au feu), mais elle a été replacée sur la chaussée
la densité des stations de vélo en libre service

Le covoiturage

C’est un service parmi d’autre proposé par Rubis Mobilités, le service public de mobilité du « Grand Bourg » (en plus du bus, du vélo en libre service, de la navette gratuite en centre-ville et d’un service de transport à la demande, voir image ci-dessous)

Et c’est en fait non pas 1, mais 2 services de covoiturage:

  • des lignes de covoiturage, du type de la vidéo de Jamy dans l’article précédent : Rubis’Covoit’ Ligne, l’application et le mobilier urbain est fourni par la société ECOV. Ces 8 lignes rayonnent autour de bourg. Les point de départ vers les villes extérieures se situent un peu à l’extérieur du centre, au début de la rue qui mène à la route qui sort de la ville. On y trouve en général des stations de vélo en libre service ou des arrêts de bus de ville.
  • un service de covoiturage plus classique Blablacar Daily qui n’est pas limité aux 8 lignes, cette prestation est remplie par la société Blablacar.

Dans les deux cas, le trajet est gratuit pour le passager et le conducteur qui propose des places dans sa voiture est rémunéré. La collectivité locale paie pour ces prestations qui apportent une vraie amélioration à la mobilité dans l’agglomération (pas de limite d’heure comme pour les bus, trajet plus rapide).

légende d’un plan la la ville de Rubis-Mobiltés indiquant les stations de covoiturage

Ci-dessous la borne de départ de la ligne située rue de Lyon, qui dessert 3 villages du « Grand Bourg ».

Une borne de ligne de covoiturage (société ECOV). Ce service semble en phase de test. Le mobilier urbain est limité au minimum, mais il y a l’essentiel
Détail de la borne, avec possibilité pour un passager qui serait en panne de smartphone d’indiquer la destination qu’il souhaite (ici, trois possibilité, la ligne n’a donc que 4 arrêts)

Limiter la voiture

La voiture n’est pas absente de Bourg, mais on sent une réflexion :

  • proche du centre tous les parkings sont payant mais une demi-heure est gratuite (si vous venez pour un très court passage, on ne vous demande pas de chercher une mobilité alternative
  • il existe des parking éloigné gratuit, avec station de vélo en libre service et/ou bus pour se rapprocher du centre si la marche n’est pas suffisante

Conclusion

Une visite d’étude de Bourg-en-Bresse fait plaisir, et le choix de cette ville moyenne par la FUB (notre fédération nationale) d’y tenir son congrès 2026 était très pertinent.

On sent une réflexion d’ensemble très cohérente de mobilité, avec un souhait de limiter la voiture, sans l’interdire.
J’ai particulièrement apprécié la Zone Zen où

  • la marche et les piétons sont prioritaires (sur les vélos et les voitures)
  • la vitesse des voitures est limitée à 20 km/h
  • traversée par la navette gratuite, qui va de la gare au grand parking situé de l’autre côté du centre

Les expériences (qui semblent encore en phase de test) de covoiturage sont aussi une expérience à suivre.

Avec le service de vélo en libre service, l’agglomération a fait pour ces services de mobilités des choix qui lui coûtent un budget certain (que je ne connais pas), mais

  • si les gens les utilisent, ce qui, en ce qui concerne les vélos en libre service, m’a paru être le cas ;
  • et éventuellement ça peut supprimer des lignes de bus (service très cher que les villes ne questionnent souvent pas assez) ;

alors il est possible que ces choix ambitieux soient les bons !

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