Interview de René, jeune cycliste de Martigues

Cette fois nous vous proposons une interview d’un jeune cycliste, bien connu à Martigues.

On vous le rabâche, le vélo c’est la santé, en voici la preuve.

René a 97 ans, il vient nous voir de temps en temps à la MDV de Martigues, on peut le rencontrer fréquemment avec son vélo dans les rues, il est adhérent à LVDE et à Martigues cyclotourisme.

René, raconte-nous ta grande histoire avec le vélo :

Eh oui, j’ai commencé à faire du vélo avant la guerre (de 1940). J’habitais à Bottaï (à Port-de-Bouc pour ceux qui ne connaissent pas) et j’allais à l’école à pied tous les jours, il n’y avait pas de cantine, je faisais donc le trajet 4 fois par jour, soit plus de 8 km.

Mon père a fini par m’acheter mon premier vélo, avec un tel engin dans les mains, ce n’était pas 2 km qui allaient me faire peur, et je suis tombé amoureux de ma bicyclette.

Le vélo m’a bien aidé pendant les années de disette durant la guerre, ne serait-ce que pour trouver de la nourriture.

En 1943 je suis rentré aux chantiers navals de Port-de-Bouc, j’avais 14 ans, j’ai exercé des fonctions syndicales pendant ces années, j’ai travaillé aux chantiers jusqu’à leur fermeture en 1968. Tous les ouvriers allaient travailler à bicyclette à cette époque.

Les années « tout automobile » étaient déjà bien commencées, j’avais mon auto, j’ai fait comme tout le monde, je conduisais mon auto.

Et je me suis retrouvé sans travail. J’en ai parlé au maire de Martigues, un certain Paul Lombard. Une école primaire se construisait à Croix-Sainte et il m’a proposé de travailler comme factotum à l’école Henri Tranchier, toute nouvelle, j’y suis resté jusqu’à la retraite.

Mais le vélo ne m’a jamais quitté : en 1980 j’ai pris ma première licence à Martigues cyclotourisme, ce club m’a permis de rouler à vélo dans toute la France. Aujourd’hui je suis toujours licencié au club, je fais souvent l’aller retour Martigues / Port-de-Bouc par le boulevard maritime, une route plate qui gagnerait à avoir une piste cyclable de chaque côté, c’est une route très empruntée par les cyclistes… et par les camions.

Note de Jean Luc : pour accompagner Jacques lors de son tour de France, le club à fait une montée du mont Ventoux par Malaucène, nous étions une bonne dizaine, René faisait partie du groupe à 86 ans.

Depuis quelque temps, je ne me sens plus de prendre ma voiture, j’ai perdu des réflexes et ça me fait peur. Alors je prends ma bicyclette pour aller faire mes courses en ville, je me sens plus sûr de moi. La pratique du vélo ne peut manifestement pas se perdre !

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